Versos French Jacqueline Pascal Vers de Jacqueline Pascal

French poem

Vers de Jacqueline Pascal

by (1625–1661)

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Enfin, vaines grandeurs, vous estes impuissantes ; Et ce nombre infiny de tant de courtisans Ne pouvoit empescher que la mort triomphante Ne portast au cercueil le plus beau de mes ans.

Ces petits rejetons, dont la vertu naissante Porte desjà l’effroy jusqu’aux lieux plus puissants, Ne servoient qu’à pleurer cette mort apparente Et rendre en les quittant mes ennuis plus cuisants.

Mais quoy qu’en ces douceurs mon ame fust ravie, Pour le bien de l’État je demandois la vie, Quand le ciel entendit un si juste desseing.

Pour amoindrir mon mal il falloit des miracles, Et si je fus gueri malgré tous ces obstacles. C’est ma seule vertu qui fut mon médecin. Commencez, grande Reyne, un regne de merveilles. Puisque notre bonheur ne depend que de vous, Semez par l’univers vos vertus sans pareilles ; Rendez de vos beaux faits les plus grands Rois jaloux.

Continuez les soins de vos divines veilles, Et que votre bonté fasse cognoistre à tous Qu’en vain mille terreurs ont frappé nos oreilles Pour un gouvernement que vous rendez si doux.

Politique indiscret, parle sans violence ; Ne dis plus, pour troubler notre heur dans sa naissance, Qu’une douceur de femme est un foible soutien.

Apprends à respecter ton illustre princesse, Dont l’esprit tout divin sait joindre avec adresse La douceur de son sexe à la force du tien.