French poem
13 (Dix heures ont sonné. Vite…)
by Jacques Normand (1848–1931)
Dix heures ont sonné. Vite ! quittons la table. La table copieuse où nous nous attardons… Aux pièces ! Bombardons cette ville imprenable : Bombardons, bombardons ! Par ce froid glacial s’endormant à leur aise, Les Parisiens ont chaud sous leurs fins édredons ; Réveillons-les avec nos bons obus de seize : Bombardons, bombardons ! La nuit, les chats sont gris, comme l’on dit en France, Et tous les hôpitaux ne sont que des maisons ; On ne saurait vraiment faire de différence : Bombardons, bombardons ! Voilà bientôt cinq mois que je n’ai bu de bière ! Quand donc vous reverrai-je, ô grands champs de houblons, Ô bons jambons fumés, et choucroute légère ? Bombardons, bombardons ! Franz, tu sais que Gretchen m’a dit dans une lettre Qu’il faut un bracelet pour orner ses bras ronds ? Je le lui donnerai, si Dieu veut le permettre… Bombardons, bombardons !