Versos French Jacques Normand 2 (Un nom retentissant ainsi qu’une fanfare…)

French poem

2 (Un nom retentissant ainsi qu’une fanfare…)

by (1848–1931)

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Un nom retentissant ainsi qu’une fanfare Qui sonne le réveil ; Un fouillis lumineux, un grouillement bizarre De têtes au soleil ; D’étincelants cafés où la foule s’entasse Sous de larges auvents, Où les « Coquin de sort ! » et les « Boun Dious ! » par masse Volent à tous les vents ; Sur le cours Saint-Louis les brunes bouquetières Aux kiosques coquets, Vous offrant pour les yeux et pour les boutonnières Sourires et bouquets ; Des portefaix du port à la calotte rouge ; Des Nervi pommadés ; De noirs Algériens dont aucun trait ne bouge Sous les burnous brodés ; Des marins le col nu, la démarche roulante Comme aux gros temps de mer, Croisant les bons lignards qui vont, l’allure lente, Naïfs, le nez en l’air ; Un Musulman qui rêve, un Anglais qui s’agite Son Bœdeker en main ; Le Nord et le Midi, chaos cosmopolite, Se heurtant en chemin ; Et pour toile de fond le Vieux Port qui scintille Sous un rayon de feu, Et l’enchevêtrement des mâts de la flottille Noire sur le ciel bleu. Quel éblouissement de vie et de lumière ! Quel tableau vif et fin !… « Ah ! si jamais Paris avait sa Cannebière !… » Lecteur, à toi la fin !