Versos French Jean Aicard Prélude

French poem

Prélude

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Le blé sec vibre aux moindres brises; L’olivier met sur les moissons, Çà et là, des ronds d’ombres grises Aussi chaudes que des rayons.

Nos coteaux pierreux, où s’étage La vigne au flanc disjoint des murs, Sont des escaliers de feuillage Et des cascades de blés mûrs!

Dans les plaines, par longues lignes, Les beaux blés, ruisseaux d’or vivant, Serrés entre le vert des vignes, S’en viennent à nous--du levant.

Et toujours droites, continues, Les ouillères, belles à voir, Ressemblent à des avenues Pleines de merveille et d’espoir!

Là,--vin et pain,--la vie entière, Bien avant la cuve et le four, N’étant encore que lumière, Coule, belle comme le jour.

Et sur la terre basse ou haute, Ici, là-bas, toujours, encor, Cent ruisseaux pareils, côte à côte, Roulent vers nous la vie et l’or;

Et les pampres marquent les rives De ces torrents de blé vermeil Dont chaque jour les sources vives S’ouvrent là-haut,--dans le soleil!