French poem
Sur la Plage
by Jean Lahor (1840–1909)
L’océan, cuve d’or où le ciel se reflète, Recèle un peuple entier de morts au blanc squelette, Dont nul ne reverra ce tremblement vermeil Des flots incendiés, le soir, par le soleil. Or, tout est plein ainsi de mort et de mystère, Les flots comme les cieux, les cieux comme la terre : Et je rêve parfois à tous ces naufragés, Hommes, soleils éteints, univers très âgés, Disparus, engloutis, oubliés dans l’espace ; Ma pensée, un moment, tel un éclair qui passe, Illumine soudain ces grands fonds ténébreux... Et je songe à nos vains espoirs des jours heureux.