French poem
47
by Jean Moréas
Grands bois, je vous verrai brillants sous un ciel d’ambre, Ou de molles vapeurs noyés ; Je vous verrai si fiers quand le triste novembre Vous aura meurtris et rouillés.
Pour moi, l’amour n’est plus cette source de larmes Où je buvais avidement ; Une fausse amitié me cause trop d’alarmes, Et je sais que la gloire ment.
Enveloppez mon cœur dans les plis de vos ombres ; Ma Muse, fille des cités, Ô bois, a su garder au fond de ses yeux sombres Le souvenir de vos beautés.