French poem
C’est l’heure où parle le clocher
by Jean Pellerin (1885–1921)
C’est l’heure où parle le clocher De choses éternelles, L’heure où se vont toutes coucher Les rouges coccinelles,
L’heure où, sur le seuil du Lapin, Bonnet frondeur, hilare, Frédé, l’avant-dernier rapin, Accorde sa guitare,
L’heure où le vent se fait chanson Quand la chanson s’est tue, Où la lumière, d’un frisson, Anime la statue.
C’est l’heure tendre où notre émoi, Dépouillé d’amertume, Te voudrait plus toi, chère, et moi Plus moi que de coutume.
Le fleuve balance un chaland ; Le noyer, une branche ; L’air joue, espiègle et nonchalant, Dans ton écharpe blanche.
Garder l’instant déjà pressé… L’heure glisse, s’essaime… Pourquoi faut-il que ce qu’on aime Ne soit que du passé ?