French poem
Iv
Las, ou est maintenant ce mespris de Fortune? Ou est ce cœur vainqueur de toute adversité, Cest honneste desir de l’immortalité, Et ceste honneste flamme au peuple non commune?
Ou sont ces doulx plaisirs, qu’au soir soubs la nuict brune Les Muses me donnoient, alors qu’en liberté Dessus le verd tapy d’un rivage esquarté Je les menois danser aux rayons de la Lune?
Maintenant la Fortune est maistresse de moy, Et mon cœur, qui souloit estre maistre de soy, Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuyent.
De la postérité je n’ay plus de souci, Ceste divine ardeur, je ne l’ay plus aussi, Et les Muses de moy, comme estranges, s’enfuyent.
(Les Regrets, sonnet VI.)