French poem
V
Ce n’est le fleuve Thusque au superbe rivage, Ce n’est l’air des Latins, ny le mont Palatin, Qui ores (mon Ronsard) me fait parler Latin, Changeant à l’estranger mon naturel langage.
C’est l’ennuy de me voir trois ans et d’avantage, Ainsi qu’un Prométhé, cloué sur l’Aventin, Ou l’espoir misérable et mon cruel destin, Non le joug amoureux, me detient en servage.
Et quoy (Ronsard) et quoy, si au bord estranger Ovide osa sa langue en barbare changer Afin d’estre entendu, qui me pourra reprendre
D’un change plus heureux? nul, puis que le François, Quoy qu’au Grec et Romain egalé tu te sois, Au rivage Latin ne se peult faire entendre.
(Les Regrets, sonnet X.)