French poem
Insane
by John-Antoine Nau (1860–1918)
Je te croyais loin, — et tout près de ma tristesse, Tu cueillais des iris violets Dans l’étroit jardin aux verdures veloutées Qu’une promesse de beau soir caresse.
Les fleurs montent comme des étoiles Dans le doux ciel vert Qu’elles sèment de mauves et roses lumières, Et je comprends que c’est toi,
La fée blonde, qui appelles les astres Si longs à fleurir, Dans la haute prairie diaphane, si vaste Que tout mon rêve y peut tenir.
La fée blonde, qui appelles les terres Et les soleils, fleurs et lettres de l’Infini, Afin qu’un dément, pour une heure ton ami, Puisse lire quelques signes des Grands Mystères.