French poem
La Grève
by John-Antoine Nau (1860–1918)
Près des forêts aux frémissants arcanes verts, La grève blonde est un Sahara d’or humide Avec tout le relief étrange du Désert : Les dunes fauves qui montent en pyramides Ou en molles tentes aux lentes courbes ; Et les dépressions d’or plus sombre où s’endorment Les chotts et les sebkhas dont les eaux lourdes Ont des reflets de froid métal brillant et morne, Angoissants comme des sourires ennemis ; Et les longues traînées de coquilles blêmies Qui semblent des ossuaires mystérieux, Et les malingres oasis de chardons bleus…