French poem
53 (L’oiseau ne chante plus, mais le…)
by Joseph Autran (1813–1877)
L’oiseau ne chante plus, mais le rameau soupire ; Un doux gémissement s’exhale des forêts ; Le ciel n’a plus d’éclat, mais il garde un sourire, Et la tristesse même a, dit-on, ses attraits !
Un saule qui s’effrange, une meule de paille, Une porte qui tourne avec un bruit plaintif, Un moulin désœuvré dont la fenêtre bâille, Tout cela garde encore un charme fugitif.
Sortons ; égarons-nous à travers les collines : Pour alléger le cœur, il fait bon de marcher. Peut-être est-il encor, même dans les épines, De ces fleurs qu’en passant on aime à détacher.
L’automne, qui s’en va d’heure en heure plus pâle, Donne à la marguerite un reflet de son ciel, Elle ouvre à ses vents froids la froide digitale, Et meurt en effeuillant les roses de Noël.
Fais de ces rares fleurs ta dernière guirlande ; Va, Muse, cueille-les, ces fleurs sans lendemain ; N’attends pas que le vent qui souffle sur la lande Ait semé leurs débris le long de ton chemin !