French poem
Febris accessio
by Joséphin Soulary (1815–1891)
Je me sentais descendre, emporté dans le vide, Les spirales sans fin d’un abîme sans fond ; J’entendais clapoter, dans l’inconnu profond, Comme les caillots lourds d’une flaque sordide ;
Rien ne faisait lueur dans cette nuit livide ; Rien ne ralentissait mon élan furibond ; Mon corps frappait, aux flancs de l’entonnoir avide, De seconde en seconde une plainte par bond !
Désespoir insensé ! mes deux mains frémissantes Vainement s’incrustaient dans les parois glissantes ; Le sol railleur fuyait sous mon ongle tendu !
Et j’écoutais pleurer, à distance infinie, Une voix qui disait : « Le pauvre homme est perdu ! Le voyez-vous froisser son drap dans l’agonie ? »