French poem
Chapitre 3
Je voudrais être un gaga Et que mon cœur naviguât Sur la fleur du seringua.
Je voudrais que mon âme fût Aussi roide qu’un affût Aussi remplie qu’un vieux fût.
Le symbole est venu. Très hilares, d’abord, Ont été les clameurs des brises démodées, Tristes, aussi, leurs attitudes, tant ridées Par la volonté rude et l’incessant effort. Nous avons revisé pourtant : l’azur est rose ; Depuis qu’il n’est plus bleu, nous voulons qu’il soit vert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Si l’âcre désir s’en alla C’est que la porte était ouverte Ah ! verte ! verte ! combien verte Était mon âme ce jour-là.
C’était, on eût dit, une absinthe, Prise, il semblait, en un café. Par un mage très échauffé En l’honneur de la Vierge sainte.
Les Tœnias Que tu nias Traîtreusement s’en sont allés . . . . . . . . . . . De cette peste Mon âme est verte C’est moi qui suis le solitaire !
Point d’impudeur ! Fi des verdeurs ! Tout sera bien S’il n’est plus rien ; Car le temps est arrivé Où le Blanc seul est sauvé.
Je me suis grisé d’angélique Douce relique, La bénite eau des Chartreux M’a fait bien heureux Toutes les femmes sont saintes ! Oh ! les rendre enceintes.
L’onctueuse bénédictine Ce matin En mon âme chante mâtine Je me ferai bénédictin ! Toutes les femmes sont saintes Oh ! les rendre enceintes !
La vie infâme a mis ses poux dans mon manteau . . . . . . . . . . . . . . . . . Je suis comme un raisin plâtré sous une treille . . . . . . . . . . . . . . . . . O les Morsures dans l’Alcôve qui s’allume !
L’Église spectrale était en gala, Dans un froufrou les femmes passaient vite. Blanc sur blanc, en son étroite lévite, L’Enfant de chœur, doux, tintinnabula.
Était-ce une vache avec ses sonnailles ? Quand le curé noir en vint à chanter, Mes remords se sont mis à gigoter. Oh ! oh ! oh ! remords ! Que tu me tenailles !!!
C’est vrai, pourtant, je suis un mécréant, J’ai fait bien souvent des cochonneries. Mais, ô Reine des Étoiles fleuries, Chaste lys ! prends en pitié mon néant.
Si tous les huit jours je te paie un cierge, Ne pourrais-je donc être pardonné ? Je suis un païen, je suis un damné, Mais je t’aime tant, canaille de Vierge !
Nos Pères étaient forts et leurs rêves ardents S’envolaient d’un coup d’aile au pays de Lumière, Nous dont la Fleur dolente est la Rose Trémière, Nous n’avons plus de cœur, nous n’avons plus de dents !
Pauvres pantins avec un peu de son dedans, Nous regardons sans voir la ferme et la fermière. Nous renâclons devant la tâche coutumière, Charlots trop amusés, ultimes Décadents !
Mais, ô Mort du Désir ! Inappétence exquise ! Nous gardons le fumet d’une antique Marquise Dont un Vase de nuit parfume les Dessous !
Être Gâteux, c’est toute une philosophie, Nos nerfs et notre sang ne valent pas deux sous, Notre cervelle au vent d’été se liquéfie.