Versos French Louisa Siefert La tristesse a vaincu, je souffre

French poem

La tristesse a vaincu, je souffre

by (1845–1877)

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La tristesse a vaincu, je souffre & je me tais : J’ai de mon doigt glacé comprimé ma blessure, Ma tête se redresse & ma voix se rassure… Où sont les vers que je chantais ?

Que sont-ils devenus, les chants de ma jeunesse ? L’écho me les demande & je ne les sais plus. — La plage est bien muette après le grand reflux, Avant que le flux ne renaisse.

Laissez la mer monter & le temps s’accomplir. Comme aux jours de Marot cette parole est vraie, Pour moi « l’arc débandé n’a pas guéri la plaie », Et j’ai senti mon cœur faiblir.

Ainsi l’enthousiaste observant un long jeûne Cachera sa pâleur ; & fière de mes maux, Moi, sur ma lèvre en feu, j’étoufferai ces mots : J’aime encore & suis toujours jeune !