Versos French Louisa Siefert Le Banc

French poem

Le Banc

by (1845–1877)

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Lorsque je vais m’asseoir à mon banc favori, Qu’il est tard, qu’il fait doux, que selon l’habitude Mon petit chien me garde avec sollicitude, Tous les songes aimés dont mon cœur s’est nourri Reviennent à la fois peupler ma solitude.

C’est comme un bruit lointain de rires & de chants Qui vibre encor dans ma mémoire trop fidèle ; C’est comme un vol d’oiseaux, traversant d’un coup d’aile Les plaines, les cités, les lacs, les monts, les champs, Et gazouillant : « Allons nous reposer près d’elle ! »

Ainsi fait le vieillard, l’hiver, au coin du feu, Quand il écoute en lui son passé, quand, morose Il se souvient qu’il fut un enfant blond & rose. Pour moi, le printemps a des fleurs, le ciel est bleu, L’heure charmante, & c’est pourtant la même chose.