Versos French Marie Krysinska Été

French poem

Été

by (1857–1908)

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Un silence inquiétant s’est fait Parmi les bêtes effarées, Un brutal vent d’orage secoue les feuillées.

Quel est cet oiseau noir poussé par l’Aquilon Dont les ailes ouvertes couvrent l’horizon Du ciel courroucé tombent des larmes Et tonne une voix formidable :

— Quittez ce séjour D’innocence, de paix et de bonheur ravi Allez errer pour toujours Exilés du paradis ! —

Et l’Archange, à la flamboyante épée Au milieu des Éclairs livides paraît.

Ah ! disgrâce ! Le couple est chassé Du beau jardin de l’éternel printemps Le voici à la douleur livré

Pleurant ainsi que ce ciel assombri Et cherchant, Par la terre déserte, un abri.

— Réfugie-toi sur mon cœur Ô femme ! Et faisons un pâle bonheur Avec la tristesse de nos deux âmes.