Versos French Marie Krysinska La musique

French poem

La musique

by (1857–1908)

Listen in the reader

C’est une Muse parfois voilée De chastes voiles d’argent Dont la frissonnante âme ailée Comme une rosée dans les cœurs se répand.

Quand elle chante inspirée La face levée vers les cieux La norme est abolie, le présent effacé, Les temps ressuscitent prestigieux.

À son ordre se dressent les fantômes pâlis Des belles danseuses de Pavanes, Et les Menuets de jadis Où saluent de gracieuses dames.

Elle est la voix des orgues funéraires Vantant les Morts héroïsés Et la Pleureuse baignée de pleurs austères Par qui notre douleur est apaisée.

Elle est l’envol de joie et le cri de tendresse, L’Alouette aux ailes ouvertes près des nues ; Miroir divin où se mire notre tristesse, Vase d’or où toute larme en perle se transmue.