Versos French Marie Krysinska Le cavalier

French poem

Le cavalier

by (1857–1908)

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— Au fier galop de ton cheval, N’ayant que le vent pour rival, D’où viens-tu, galant cavalier Qui chevauche ton cheval bai ?

— Je viens de l’autre bout du monde Par delà les monts et par delà l’onde J’ai porté l’offre de mon bras Au service du bon droit.

— J’ai combattu monstres et chimères, Mes traits volaient dans la lumière À présent, je cours chercher mon bonheur Auprès de ma mie : sa joue est en fleur.

— Arrête, cavalier, vois ce beau soleil, Ces larges plaines blondes ; vois Le fruit des vignes, fruit vermeil, Et le plus beau qui soit.

— Autant que le soleil ses cheveux sont dorés Et bien mieux que le vin enivre son baiser. Je cours à celle qui tient Toute ma joie en ses mains.

II — La nuit descend, ne crains-tu pas Ses noires embûches, cavalier ? Voici déjà la Lune se lever Pâle comme une face de trépas.

— Non, cette lueur me caresse, Comme un tendre regard ami J’y vois paraître ma maîtresse, Mon âpre joie, mon cher souci.

Les démons n’osent m’approcher, Arrière les forces impures ! Je porte dans mon sein caché Un ruban pris à sa ceinture.

III Le pas du cheval bai sonne encor sur la route, Et voici revenir le chevalier fidèle, Mais non plus au galop fier que le vent écoute Ainsi qu’une musique fraternelle.

Le voyage n’a plus de but, Ils s’en vont mornes et désolés. La belle n’a pas attendu Le retour de son chevalier.