French poem
Le jardinier des âmes
by Marie Krysinska (1857–1908)
Ce jour-là, Magdelaine allait pleurant, Son Maître mort, au lieu de sa sépulture ; Mais elle trouva la pierre descellée Et le tombeau vide.
— Ah ! qui donc t’a ravi à mes gémissements, Ô Christ ! Ton corps est-il errant et profané ?
— Ne me cherche plus parmi les morts, Magdelaine, Car je suis ton vrai Dieu vivant Dont il fut dit Le troisième jour, il ressuscitera.
— D’où viens-tu, Voix très chère ! Voix tendre ! Voix sereine ! Est-ce toi, Maître, sous ce vêtement de jardinier ?
— Je suis le jardinier des âmes ferventes, Toutes les pieuses fleurs écloses en secret, Toutes les bonnes pensées
Je les moissonne en gerbes assemblées Pour les porter à mon père dans les cieux.
— Ô Christ victorieux du sépulcre noir, Je vois ta gloire comme une aube levée, Vie éternelle ! éternel espoir Par qui la Mort est conjurée !