French poem
La statue de Jean Moréas
by Maurice du Plessys (1864–1924)
Toi que les Cieux ont vu, ô tueur de Centaures ! Dans leur sang belliqueux acquitter ton serment Et qui, du même bras funeste au Minotaure, Couchas le triple dogue au seuil d’Hadès fumant ;
Si ton chant, d’Apollon rachetant l’anathème, Ramène sur nos luths sa faveur suspendu’ Et qu’en prix de tes coups, les armes des Dieux mêmes Fixent à nos faisceaux la victoire étendu’ :
Ô bouches pour jamais plus juste los enflées, Nymphes de Sequana, Naïades d’Acragas, Disiez-vous par la lyre à vos voix assemblée L’athénien honneur des Gaules, Moréas !
Vous, Muses, tribunal de nos joutes lyriques, Dénouez pour sa tempe un laurier surhumain. Car son aile nourrie à l’aire pindarique Laisse les vols mortels à moitié du chemin !