French poem
Les ruines
by Maurice du Plessys (1864–1924)
Comme un champ que la faulx laisse nu de ses gerbes, Ainsi le Temps, ô Ville ! a passé sur ton front : Descendue au retour d’un logis de hérons, Ninive dans la cendre a posé sa superbe.
Ville, en vain de tes tours aux aiguilles acerbes, Tu provoquais le ciel d’un impuissant affront ; Cèdres, vous vous haussiez à l’envi de Sâron : Les siècles t’ont jonchée à la taille de l’herbe !
Ô tableau redoutable, en exemple aux cités Qui des cieux indulgents bravent la majesté : Mais non ! leur gloire est sauve et Ninive est absoute,
Puisque, de ces débris, gardiens, les nids pieux, Démentant l’hymne impur qui roulait sous ces voûtes, Réparent à cent voix l’injure faite aux Dieux !