Versos French Maurice du Plessys Ode aux Grâces et à Diane

French poem

Ode aux Grâces et à Diane

by (1864–1924)

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Si (pour vrai) sur la lyre. Sait mon doigt bien appris Élire L’ode mieux chère aux Ris ;

Si de main bien touchante, Roi du plectre aux beaux sons, J’enchante L’ourse avec ses oursons ;

Ou de cire encore ointe, Qu’à bouts irréguliers Conjointe, L’aveine en six gosiers,

Par ma bouche éloquente Aux pertuis musicaux, Incante Les rebelles échos ;

À moins que tu ne veuilles Que je prenne au mûrier Ses feuilles Pour t’en tresse un collier ;

(Quatre guignes pareilles, Double en faire un pendant D’oreilles, Suis-je pas entendant ?)

S’il n’est que la génisse Qui soupire aux taureaux, S’unisse Par mes soins pastoraux

Et qu’en prix de ma peine, Je ne scelle à cent pots La pleine Mamelle des troupeaux :

Si ma foi n’est intruse Au bocage attentif, La Muse Sois de mon chant votif

Et si toute ma joie J’ai mise à ton amour, M’octroie Ta tendresse en retour !

Car (le Ciel m’en soit pleige) Tes seuls biens me sont chers, Chorège Des Jeux seuls point amers !

Je t’adjure, ô Charite, Si bien sus-]e observer Ton rite, Au flanc me l’engraver :

Tel qu’instruit de ta grâce, Bouche aux clairs ramagers, Je passe Les oiseaux bocagers !

Et Toi qui, bondissante, Vas par tout l’environ Forçante La lynce à l’ongle prompt,

Pour, le soir, aux cadences, Régler, hoche-tymbons, Les danses D’une troupe aux doux bonds ;

Fais que mon arbalète Soit la sœur de mon luth, Athlète De toi digne aux deux lutt’s !

Toi par quelle Hippolyte Virbius, dieu des bois, L’inclyte Sort eut d’homme deux fois

Fais qu’amie aux Faunesses, Mon âme, du trépas, Renaisse Entre leurs beaux ébats !

Ô Diane ! fidèle Honneur olympien, Modèle Mon esprit sur le tien !

Qu’à trop haut entreprendre, Mon sein présomptueux N’engendre Quelqu’enfant monstrueux,

Et que, fortes des armes De l’orgueil toujours prêt, Mes larmes Aient pudeur et secret !

Phébé, sœur de l’étoile Qui traîne à l’horizon La voile De mon frère Jason,

Tiens en brise seconde Mes marins hardements, Quelqu’onde Batte mes bâtiments !

Dame aux monstres revêche, Si droit j’ai trait au flanc Ma flèche Au Centaure insolent.

Emprunte d’Atalante L’arc pour ton champion. Sanglante Fille effroi du lion !

Et pour prix de ta grande Aide, je te vouerai L’offrande Du butin exécré

Où mon bras jette, opimes, Thessali’ sur Gabon, Victimes De son fer vagabond !

Car vous sais-je mieux brave, Bouche de ma beauté ! Que bave L’impi’ sous toi dompté,

Pour m’avoir ri, dents franches, Le jour qu’à tes yeux j’ai, Aux branches, Marsyas écorché !