French poem
Pour le tombeau de Jean Moréas
by Maurice du Plessys (1864–1924)
Stèle jalouse où tout honneur vient expirer, Ne te flatte pas tant de peser sur mon maître. Tu n’as que ce qui fut de son corporel être, Mais le vent de sa voix, tu n’as pu l’enserrer !
Non, tu n’as pu garder, de ces doigts musicaux, Que la passante chair dont ils règnent aux cordes ; Tu ne peux effacer, à quants vers qui le mordent, Que le nom du beau sage essouffla les échos !
Tombe, en vain dans ton trou qui ne rend pas nos cendres, Tu t’enorgueilliras de l’avoir fait descendre : Tu ne garderas pas sa gloire avec ses os !
Qu’importe à ce Jason qui range aux Dieux ses voiles Sa prou’ pieuse en butte à l’outrage des eaux : Qu’importe : si mon maître a passé les étoiles !