Versos French Maurice du Plessys Éloge martial des muses retrouvées

French poem

Éloge martial des muses retrouvées

by (1864–1924)

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Ab Jove principium Ce n’est point aux rives d’un fleuve Où dorment les vents et les eaux Que fait sa véritable preuve L’art de conduire les vaisseaux ; Il faut, en la plaine salée, Avoir lutté contre Malée Et près du naufrage dernier S’être vu dessous les Pléiades Éloigné de ports et de rades, Pour être cru bon marinier. Le blé déjà florit en innombrables piques ; Plein déjà du soigneux dessein De combler de son sang tes ferventes barriques, Bacchus hâte pour toi la rondeur des raisins ; Déjà nouant le pampre à son grave portique, Ton seuil est ferme au plus fameux du Palatin Et jà, qu’on voit seconde aux emprises belliques, Déjà la Victoire arme le zénith de ton destin ! En vain, encontre au pavois qu’une troupe gaillarde hausse, Gueules dont tu te gausses, Entendes-tu la haine faire rage comme mâtins ; Vois, épuisant tout le noir lait dont elle est grosse, Sur l’arène retomber l’envie ; Vois que, de ton or, avide en vain, Genséric ira qui convie Le cupide Avare pérégrin : Soins vaniteux ! Caution de ta vie, Minerve t’a lacé son propre gorgerin : Comm’ pour rien doncques, aux inébranlables môles, Neptune charge en escadrons marins, Entends, César ! entends ruer son impuissant tumulte à ton trône La canaille mamelu’ d’airain !