Versos French Pamphile Le May A une Jeune Religieuse

French poem

A une Jeune Religieuse

by (1837–1918)

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Jeune Vierge douce et candide, Jeune vierge, tu l'a quitté Ce monde enchanteur et perfide, Ce temple de l'iniquité,

Avant d'avoir penché la tête Sous le lourd fardeau des ennuis; Avant d'avoir maudit la fête Qui trouble la paix de nos nuits!

Tu l'as fui comme la colombe Fuit l'aspect d'un cruel vautour, Ou comme lorsque la nuit tombe L'enfant fuit une vieille tour.

Vierge, ne verse point de larmes, Vierge, chante et réjouis-toi. Le monde n'a que de faux charmes; On est esclave sous sa loi.

Et pour une heure d'allégresse Quelles angoisses! quels soupirs! Et toujours la pâle tristesse Suit de prés les futils plaisirs.

La petite rose sauvage Qui croit dans le sombre vallon Fleurit sans redouter l'orage Ni le souille de l'aquilon.

Tranquille au fond de sa retraite Elle exhale son doux encens, Et le zéphire à la pauvrette Murmure d'amoureux accents.

Au pied de l'autel de Marie, Humble comme cette humble fleur, Tu vas de ton âme attendrie Répandre la constante ardeur.

Et tes voeux brûlants, tes prières, Monteront au parvis des cieux Comme le baume des bruyères, Et comme l'encens des saints lieux!