Versos French Pamphile Le May Hymne a Marie

French poem

Hymne a Marie

by (1837–1918)

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Ainsi qu'une lampe rêveuse Eclaire faiblement une sombre cloison, Le jour n'éclairait plus le bord de l'horizon Que d'une lumière douteuse.

Dans les bois, dans les prés, au vallon, au coteau Le silence était grand comme dans un tombeau; Seulement, en roulant ses ondes, Le Saint-Laurent, parfois, jetait de longs sanglots; Et, dans leurs cavernes profondes, Pour répondre à ces bruits s'éveillaient les échos.

Mais voici que des voix subites Parmi des sons brillants s'élèvent du saint lieu. Au pied d'un saint tableau de la mère de Dieu Ainsi chantaient d'humbles Lévites:

«Prête l'oreille à notre voix, «Adoucis notre peine amère, «O toi que nous donna pour mère «Ton divin Jésus sur la croix.

«A toi gloire, amour et louanges, «O la plus belle fleur des cieux! «Les luths et les harpes des anges «Chantent ton nom mélodieux.

«Méditant son sublime ouvrage «L'adorable Divinité «A contempler ta douce image «Se plut de toute éternité.

«C'est par toi que Dieu nous éclaire «Comme, dans la nuit, le soleil «Par la lune humble et solitaire, «Nous verse son éclat vermeil.

«L'encens suave à tes pieds fume: «Enivré des chastes ardeurs «Que ton divin sourire allume, «Tout le ciel chante tes grandeurs.

«Veille pour nous, brillante Etoile, «Comme la lampe du saint lieu: «Ton regard fait tomber le voile «Qui nous dérobe notre Dieu!

«Veille, ô toi par qui l'on espère, «Comme auprès de son nouveau-né, «Avec souci la jeune mère «Veille quand la nuit a sonné.

«Dans ce monde nos tendres mères «Nous entourent de mille soins; «Elles pleurent sur nos misères, «Elles préviennent nos besoins;

«Mais on dit, ô bonne maîtresse, «Que tes soins sont plus généreux; «Que nulle mère ne s'empresse «Comme toi de nous rendre heureux.

«Adoucis notre peine amère, «Prête l'oreille à notre voix, «O toi que nous donna pour mère «Ton divin Jésus sur la croix.»