Versos French Pamphile Le May L'avenir

French poem

L'avenir

by (1837–1918)

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J'étais bien jeune alors... Par les seigles jaunis Je descendis, un soir, jusqu'au bois de la rive, Et je rêvais de lutte et de chaîne qu'on rive, De chemins escarpés et de sentiers unis.

L'heureux temps! Tout à coup, dans les deux rembrunis, Comme une voile blanche allant à la dérive, Glisse un ange. Le bruit de son aile m'arrive Plus suave, je crois, que la chanson des nids.

Et je le vis passer sous les rameaux sans nombre, Aussi pur qu'un rayon, aussi léger qu'une ombre, Et la mousse et les fleurs semblaient le soutenir.

Il me parla. Jamais un accent aussi tendre Ne s'est, depuis ce jour, à mon coeur fait entendre: —Viens à moi, me dit-il, viens, je suis l'avenir.