French poem
La Grosse Gerbe
by Pamphile Le May (1837–1918)
C'est la serrée enfin, le grain est javelé. Béni le front soumis que la sueur arrose! La lumière s'étend comme une nappe rose Sur le moissonneur humble et le champ nivelé.
Chaque automne, chez nous, on a renouvelé Cette fête où jamais aucun front n'est morose. Aux rustiques beautés, alors, plus d'un gars ose Faire un aveu que l'oeil a déjà révélé.
Il faut avec deux harts lier la grosse gerbe. Choisissez les épis et faites-la superbe; Couronnez-la de fleurs, parez-la de rubans.
Qu'elle entre dans la grange au son des tambourines. Chantez, parlez d'amour, ô lèvres purpurines, Et plus tard, à l'église, on publiera des bans.