French poem
Le Bonheur
by Pamphile Le May (1837–1918)
Est-ce un leurre divin vainement affiché? L'ouvrier le demande à sa hache, à sa lime; Le poète le cherche en un rêve sublime; Le jeune homme éperdu ne l'a pas déniché.
Il n'est point dans le sol âprement défriché. Le vieillard croit le voir au passé qui s'abîme; Le riche le paierait de son dernier centime; L'esprit fort dit que Dieu—s'il existe—a triché.
Ce qu'un jour nous apporte un autre nous l'enlève. La coupe du plaisir, que notre main soulève, Mêle une amère lie à son rayon de miel.
Il n'est donc ici-bas nulle paix souveraine... Vous avez vu, pourtant, plus d'une âme sereine Accepter la souffrance en souriant au ciel.