French poem
Le Chant du Canadien
by Pamphile Le May (1837–1918)
Je suis Canadien, ma patrie— Une terre de liberté— Comme la fleur de la prairie Lève son front avec fierté. Au loin, déjà, l'on dit sa gloire, Et l'on se découvre à son nom. Chaque page de son histoire Pour sa couronne est un fleuron.
La neige dans ses serres blanches Étreint souvent le vert coteau, Et sous les odorantes branches? Ne court pas toujours le ruisseau; Mais la perfide indifférence Ne saurait étreindre mon coeur, Et vers l'amour ou la souffrance Je cours toujours avec bonheur!
Le sourd murmure du grand fleuve Endormit mon humble berceau, Comme, dans sa parure neuve, Le bois endort un nid d'oiseau. Je ne devais jamais connaître L'éclat qui remplit d'autres lieux! Dieu soit béni qui me fit naître A l'humble foyer des aïeux!
Bientôt le doux rêve s'envole Et l'on n'a plus que des regrets. Loin de toute ambition folle Je trace mes féconds guérets. Je vieillis sans bruit et sans crainte, Servant mon pays de mon mieux; Puis j'irai dans la terre sainte.... C'est par là que l'on monte aux cieux.