French poem
Le Chateau Bigot
by Pamphile Le May (1837–1918)
Là-bas, sous des forêts que le sang a rougies, Bigot, l'intendant fourbe, eut son petit château. Le vice s'y rendait sans voile ni manteau; On priait le colon de solder les orgies.
Les convives s'aimaient sous le feu des bougies; Les oiseaux, plus naïfs, volaient au chapiteau. Le temps a tout broyé comme dans un étau. Deux pans restent debout, inutiles vigies.
Loin du wigwam aimé, la fille d'un grand chef, Souple comme le jonc, avec un torse d'ambre, Y mourut de douleur dans une obscure chambre.
Et le soir, quelquefois, on entend derechef, Parmi les gais échos du bois qui l'environne, Les sanglots étouffés de la jeune Huronne.