French poem
Chanson à manger
Nos repas furent sommaires, Cette semaine : enfoncés Les Marguerys et les Maires Aux menus par trop foncés.
Fi de la sole normande, Fi de l’entrecôte au jus, Puisque tous ces jours-ci j’eus La satisfaction grande
D’être un végétarien À l’instar de ce poète Bouchor, ou de cet esthète Sarcey, critique ancien.
Nous mangeâmes de la soupe Où lentilles et poireaux Mêlaient leurs parfums farauds À celui du pain qu’on coupe.
L’eau coulait dans le cristal Plus pure que loi, plus claire, Meilleure que vin ou bière, Boire idéal et fatal !
C’est dommage que le ventre Soit un ventre préférant Encore un bon restaurant À Polyphème, ton antre !