French poem
À Monsieur de Campion, sur « les Hommes illustres »
L’on peut dire, sans avoir tort, Que Corneille est incomparable : Tout ce qu’il fait est admirable, Chacun en demeure d’accord.
La savante reine du Nord, De qui l’esprit est adorable, Faisant un jugement semblable, Le soutient et l’estime fort.
L’antiquité, que l’on nous vante, N’eut point de plume si charmante Ni d’auteur qui pût l’égaler :
Nos nouveaux ne paroissent guère, Et sitôt qu’il a su parler, Ils ont tous appris à se taire. Invincible ennemi des rigueurs de la Parque, Qui fais, quand tu le veux, revivre les héros, Et de qui les écrits sont d’illustres dépôts Où luit de leur vertu la plus brillante marque,
Notre France aux chrétiens donne en toi leur Plutarque, Et les nobles emplois de ton savant repos, Traçant leurs grands portraits, offrent à tous propos De fidèles miroirs aux soins d’un vrai monarque.
J’ai quelque art d’arracher les grands noms du tombeau, De leur rendre un destin plus durable et plus beau, De faire qu’après moi l’avenir s’en souvienne ; Le mien semble avoir droit à l’immortalité ; Mais ma gloire est autant au-dessous de la tienne, Que la fable en effet cède à la vérité.
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