French poem
Vers présentés au Roi à son retour de la guerre d’Hollande, le 2 août 1672
Quid mirum rapido tibi si Victoria cursu Tot populos subdit facilis, tot mœnia pandit ? Vix sua cuique dies urbi, nec pluribus horis Castra locas, quam justa vides tibi crescere regna. Nempe Deus, Deus ille, sui de culmine cœli Quem trahis in partes, cui sub te militat omnis In Batavos effusa phalanx, Deus ille tremendum Ponere cui properas communi ex hoste tropæum, Ipse tibi frangitque obices, arcetque pericla Fidus, et æterna tecum mercede paciscens, Prævia pro reduce appendit miracula cultu. Jamque fidem excedunt, jam lassis viribus impar Sub te fama gemit, rerumque interrita custos Te pavet historia, it tantorum conscius ordo Fatorum, ac merito eventu spem votaque vincit. Perge modo, et pulsum victor redde omnibus aris, Victis redde Deum, fac regnet et ipse, tibique Quantum exempla præire dedit, tantum et sua cunctas Et belli et pacis præeat tibi gloria curas. Interea totus dum te unum suspicit orbis, Dum Musæ fortemque animum, mentemque profundam, Tot regnandi artes certatim ad sidera tollent, Fas mihi sit tacuisse semel, Rex magne, Deique Nil nisi in invicto mirari principe donum.
Tes victoires, grand Roi, si pleines et si promptes, N’ont rien qui me surprenne en leur rapide cours, Ni tout ce vaste effroi des peuples que tu domptes, Qui t’ouvre plus de murs que tu n’y perds de jours.
C’est l’effet, c’est le prix des soins dont tu travailles À ranimer la foi qui s’y laisse étouffer : Tu fais de tes soldats ceux du Dieu des batailles, Et dès qu’ils ont vaincu, tu le fais triompher.
Tu prends ses intérêts, il brise tous obstacles ; Tu rétablis son culte, il se fait ton appui ; Sur ton zèle intrépide il répand ses miracles, Et prête leur secours à qui combat pour lui.
Ils font de jour en jour nouvelle peine à croire, Ils vont de marche en marche au delà des projets, Lassent la renommée, épouvantent l’histoire, Préviennent l’espérance, et passent les souhaits.
Poursuis, digne Monarque, et rends-lui tous ses temples : Fais-lui d’heureux sujets de ceux qu’il t’a soumis ; Et comme il met ta gloire au-dessus des exemples, Mets la sienne au-dessus de tous ses ennemis.
Mille autres à l’envi peindront ce grand courage, Ce grand art de régner qui te suit en tout lieu : Je leur en laisse entre eux disputer l’avantage, Et ne veux qu’admirer en toi le don de Dieu.