Versos French Pierre Corneille Vers de Corneille, de ses amis et de ses partisans contre l’abbé d’Aubignac

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Vers de Corneille, de ses amis et de ses partisans contre l’abbé d’Aubignac

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Il a mille vertus, il connoît les beaux-arts, Il étouffe l’envie à ses pieds abattue ; Et Rome à son mérite, au siècle des Césars, Au lieu de cette image eût dressé sa statue. Il a mille vertus, ce pitoyable auteur, Et deux mille secrets pour apprendre à déplaire ; Quiconque veut s’instruire au grand art de mal faire N’a qu’à prendre leçon d’un si rare docteur. Cette foule d’approbateurs Qui met à si haut prix ta docte allégorie, Comme elle a ton œuvre enchérie, Épouvante les acheteurs. Tu crois que le papier et l’encre qu’il t’en coûte De l’immortalité t’ouvrent la grande route, Et que tant de grands noms feront vivre ton nom ; Mais n’en déplaise à ta doctrine, Plus on étaye une maison, Plus elle est près de sa ruine.

Ce roman sans exemple en nos mains est tombé ; Mais j’en trouve l’auteur difficile à connoître : Si j’en crois ses amis, c’est un savant abbé ; Si j’en crois ses écrits, ce n’est qu’un pauvre prêtre. Pauvre ignorant, que tu t’abuses Quand tu nous dis si hardiment Que toujours le poëte normand Avecque lui mène les Muses ! Il en seroit un foible appui S’il falloit qu’il les eût portées ; Et s’il les traînoit après lui, Hélas ! qu’elles seroient crottées !

Qu’ils étoient fous ces vieux stoïques De se piquer d’être apathiques ! Ils manquoient bien de sens commun. Ceux-ci sont d’une autre nature ; Et comme pourceaux d’Épicure, Tous grondent quand on en touche un. Hédelin, c’est à tort que tu te plains de moi ; N’ai-je pas loué ton ouvrage ? Pouvois-je plus faire pour toi Que de rendre un faux témoignage ? Je me voulois venger de l’aveugle cynique Qui toujours égratigne et pique, Et mord comme un chien enragé ; Mais il n’est pas besoin que je le satirise, Il fait imprimer Macarise : Ne suis-je pas assez vengé ?

Du critique Hédelin le savoir est extrême ; C’est un rare génie, un merveilleux esprit. Cent fois confidemment il me l’a dit lui-même, Et le grand Pelletier l’a mille fois écrit. D’une autre façon.

Le célèbre Hédelin est un homme d’esprit ; il fait de bons romans, on les lit, on les aime : Cent fois confidemment il me l’a dit lui-même, Et le grand Pelletier l’a mille fois écrit. » Ils marchent droit au fleuve, où Louis en personne, Déjà prêt à passer, instruit, dispose, ordonne. Par son ordre Grammont le premier dans les flots S’avance soutenu des regards du héros : Son coursier écumant sous un maître intrépide, Nage tout orgueilleux de la main qui le guide Revel le suit de près : sous ce chef redouté Marche des cuirassiers l’escadron indompté. Mais déjà devant eux une chaleur guerrière Emporte loin du bord le bouillant Lesdiguière, Vivonne, Nantouillet, et Coislin, et Salart : Chacun d’eux au péril veut la première part. Vendôme, que soutient l’orgueil de sa naissance, Au même instant dans l’onde impatient s’élance. La Salle, Beringhen, Nogent, d’Ambre, Cavois Fendent les flots tremblants sous un si noble poids.

Enguien, de son hymen le seul et digne fruit, Par lui dès son enfance à la victoire instruit. Bientôt on eût vu Skink dans mes vers emporté De ses fameux remparts démentir la fierté. Ipse fugam Auriacus versis simul occupat armis.