French poem
« Ô Nuit pour mes ennuis tant seulement féconde »
by Pierre de Marbeuf (1595–1645)
Ô Nuit pour mes ennuis tant seulement feconde, Pourquoy n’aportez-vous la fin à mes trauaux ? Serez-vous plus qu’à moy fauorable aux cheuaux ? Repos, seray-ie seul sans repos en ce monde ?
Sommeil, dans les longueurs de cette nuit profonde, Pourquoy réueillés-vous mon amour & mes maux ? Quand vous flattez les yeux de tous les animaux, Aux peines que ie souffre aucun ne me feconde.
Sommeil, retirez-vous, vous nuisez à mes veux, Le froid de vos pauots assoupiroit mes feux : Allez sommeil, allez, laifsez venir l’aurore.
Car puisque les proces m’ocupent tout le iour, Si cependant la nuit ie reposois encore, Ie n’aurois point de temps pour penser à l’amour.