French poem
Foudroye moy le corps, ainsi que Capanée
Foudroye moy le corps, ainsi que Capanée, O pere Jupiter, et de ton feu cruel Esteins moy l’autre feu qu’Amour continuel Tousjours m’allume au cœur d’une flame obstinée. Il vault mieux, ô grand Dieu, qu’une seule journée Me despouille soudain de mon fardeau mortel, Que de souffrir tousjours en l’ame un torment tel, Que n’en souffre aux enfers l’ame la plus damnée. Ou bien si tu ne veux, Pere, me foudroyer, Donne le desespoir, qui me meine noyer, M’élançant du sommet d’un rocher solitaire : Puis qu’autrement par soin, par peine et par labeur, Trahy de la raison, je ne me puis desfaire D’amour, qui maugré moy se campe dans mon cœur.