French poem
Est-ce tant que la Mort ?
Est-ce tant que la Mort ? est-ce si grand mal-heur Que le vulgaire croit ? Comme l’heure première Nous faict naistre sans peine, ainsi l’heure derniere, Qui acheve la trame, arrive sans douleur,
Mais tu ne seras plus ? Et puis : quand la pâleur Qui blesmist nostre corps sans chaleur ne lumière Nous perd le sentiment ! quand la main filandiere Nous oste le désir perdans nostre chaleur !
Tu ne mangeras plus ? Je n’auray plus envie De boire ne manger, c’est le corps qui sa vie Par la viande allonge, et par réfection :
L’esprit n’en a besoin. Venus qui nous appelle Aux plaisirs te fuira ? Je n’auray soucy d’elle. « Qui ne désire plus, n’a plus d’affection.