French poem
Ieune beauté, mais
IEune beauté mais trop outrecuidée Des presens de Venus, Quand tu verras ta peau toute ridée Et tes cheueux chenus, Contre le temps & contre toy rebelle Diras en te tançant, Que ne pensoy-ie alors que i'estoy belle Ce que ie vay pensant ? Ou bien pourquoy à mon desir pareille Ne suis-ie maintenant ? » La beauté semble à la Rose vermeille » Qui meurt incontinent. Voila les vers tragiques & la plainte Qu'au Ciel tu enuoyras, Tout außi tost que ta face dépainte Par le temps tu voirras. Tu sçais combien ardemment ie t'adore Indocile à pitié, Et tu me fuis & tu ne veux encore Te ioindre à ta moitié. O de Paphos & de Cypre regente Déesse aux noirs sourcis ! Plustost encor que le temps soy vengente Mes desdaignez soucis, Et du brandon dont les cœurs tu enflames Des jumens tout autour, Brusle-la moy à fin que de ses flames Ie me rie à mon tour.