French poem
L’hynne qu’après tes. Victoire de François de Bourbon
L’Hynne qu’apres tes combas Marot fist de ta victoire, Prince heureus, n’egala pas Les merites de ta gloire : Ie confesse bien qu’à l’heure Sa plume estoit la meilleure Pour esbaucher simplement Les premiers traits seulement. Mais moy nay d’vn meilleur âge, Aux lettres industrieux, Ie veux parfaire l’ouurage D’vn art plus laborieux. Tenant icy l’arc au poing Des neuf Muses bien peignées, Ie ru’ray l’honneur plus loing De tes victoires gaignées, Et iusqu’aux estranges riues I’enuoiray tes vertus viues, Tes coups de masse & l’horreur De ta vaillante fureur Qui tonnoit en ton ieune âge, Moissonnant les ennemis Que le Martial orage Deuant ta foudre auoit mis. Voy voler mon dard estrange Par la Muse emmiellé, Qui vient frapper ta louange, De tes victoires ailé. Ores il ne faut pas dire Vn bas ton dessus ma Lyre, Ny vn chant qui ne peut plaire Qu’aux oreilles du vulgaire : Mais des vers graues & bons Haut-celebrant par ceste Ode Dite à la Thebaine mode François l’honneur des Bourbons. Qui dés la ieune saison Quand la iouuence dorée Frise la crespe toison Sur la iouë colorée, Par la poincte de sa lance Reseuilla l'honneur de France, Lors que mattant la vertu Du vieil Marquis combatu, Trancha les peuples d'Espagne L'vn desur l'autre ruez, Pauant toute la campagne D'hommes naurez & tuez. Comme vn affamé lion Qui de sang la gorge a cuite, Tout seul donte vn million De cerfs legers à la fuite: Ores rouant sa grande masse, Et ores sa coutelace, Conquist seul pour son butin L'Allemant fier & mutin, Et maistre de la victoire Luy graua dessus le dos En lettres rouge la gloire De la France & de son loz. » Iamais la Muse ne soufre » Qu'vn silence sommeillant » En ses tenebres engoufre » Les faits d'vn homme vaillant. La France ne voit encore De nul Prince, qu'elle honore, La gloire si bien empreinte, Comme i’ay la tienne peinte, Poussant le nom par mes vers De toy Prince, qui est dine D’estre Seigneur de mon Hynne, Voire de tout l’vniuers. Muses, ne vaut-il pas mieux Que le son de ma Lyre aille Aux vieux Bourbons ses ayeux Annoncer ceste bataille ? Seule douce recompense Des coups & de la despense. La poudre des vieux tombeaux N’engarde que les faits beaux Des fils ornez de merueilles N’aillent là bas resiouyr De leurs peres les oreilles Esgayez de les ouyr. Fille du neueu d’Atlas, Poste du Monde où nous sommes, Qui n’euz oncques le bec las D’esuenter les faits des hommes, Va-t’en là bas sous la terre Et à Charles, & à Pierre : Dy que François leur neueu Auiourd’huy veinqueur s’est veu De l’Imperiale audace : Et dy que sa ieune main N’a point desmenty sa face Par vn faict couard & vain. » Autour de la vie humaine » Maint orage va volant, » Qui ores le bien ameine, » Ores le mal violant. » La rouë de la Fortune » Ne se monstre aux Rois toute vne, » Et iamais nul ne se treuue » Qui iusqu'à la fin espreuue » L'entiere felicité. » Les hommes iournaliers meurent, » Les Dieux seulement demeurent » Francs de toute aduersité.