French poem
L’arbre qui met à croistre
L’arbre qui met à croistre a la plante asseuree : Celuy qui croist bien tost, ne dure pas long temps, Il n’endure des vents les souflets inconstans : Ainsi l’amour tardive est de longue durée.
Ma foy du premier jour ne vous fut pas donnée : L’Amour et la Raison, comme deux combatans, Se sont escarmouchez l’espace de quatre ans : A la fin j’ay perdu, veincu par destinée.
Il estoit destiné par sentence des Cieux, Que je devois servir, mais adorer vos yeux : J’ay, comme les Geans, au Ciel fait résistance.
Aussi je suis comme eux maintenant foudroyé, Pour résister au bien qu’ils m’avoient ottroyé : Je meurs, et si ma mort m’est trop de recompense.