French poem
Ma Dame, je me meurs abandonné d’espoir
Ma Dame, je me meurs abandonné d’espoir : La playe est jusqu’à l’oz : je ne suis celuy mesme Que j’estois l’autre jour, tant la douleur extrême Forçant la patience, a dessus moy pouvoir. Je ne puis ny toucher, gouster, n’ouyr ny voir : J’ay perdu tous mes sens, je suis une ombre blesme : Mon corps n’est qu’un tombeau. Malheureux est qui Malheureux qui se laisse à l’Amour decevoir ! [aime, Devenez un Achille aux playes qu’avez faites, Un Telefe je suis, lequel s’en va perir : Monstrez moy par pitié voz puissances parfaites, Et d’un remede prompt daignez moy secourir. Si vostre serviteur, cruelle, vous desfaites, Vous n’aurez le Laurier pour l’avoir fait mourir.