French poem
Poème 103 (Le mal est grand, le remede…)
Le mal est grand, le remede est si bref A ma douleur qui jamais ne s’alente, Que bas ne haut, des le bout de la plante, Je n’ai santé, jusqu’au sommet du chef.
L’oeil qui tenoit de mes pensers la clef, En lieu de m’estre une estoile drillante Parmi les flots de l’amour violante, Contre un orgueil a fait rompre ma nef.
Un soin meurtrier soit que je veille ou songe, Tigre affamé,le coeur me mange & ronge, Suçant tousjours le plus dous de mon sang :
Et le penser qui me presse & represse, Et qui jamais en repos ne me laisse, Comme un mâtin, me mord toujours au flanc.
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