French poem
Quand l’Esté dans ton lict tu te couches malade
Quand l’Esté dans ton lict tu te couches malade, Couverte d’un linseul de roses tout semé, Amour d’arc et de trousse et de fleches armé, Caché dans ton chevet, se tient en embuscade. Personne ne te voit, qui d’une couleur fade Ne retourne au logis ou malade ou pâmé : Qu’il ne sente d’amour tout son cœur entamé, Ou ne soit esblouy des rais de ton œillade. C’est un plaisir de voir tes cheveux arrangez Sous un scofion peint d’une soye diverse : Voir deça, voir delà tes membres allongez, Et ta main, qui le lict nonchalante traverse, Et ta voix qui me charme, et ma raison renverse Si fort, que tous mes sens en deviennent changez.