French poem
Si j’ay bien ou mal dit
Si j’ay bien ou mal dit en ces Sonnets, Madame, Et du bien et du mal vous estes cause aussi : Comme je le sentois, j’ay chanté mon souci, Taschant à soulager les peines de mon ame.
Hà, qu’il est mal-aisé, quand le fer nous entame, S’engarder de se plaindre et de crier merci ! Tousjours l’esprit joyeux porte haut le sourci, Et le melancholique en soy-mesme se pâme.
J’ay suivant vostre amour le plaisir poursuivy. Non le soin, non le dueil, non l’espoir d’une attente. S’il vous plaist ostez moy tout argument d’ennuy :
Et lors j’auray la voix plus gaillarde et plaisante. Je ressemble au mirouer, qui tousjours représente Tout cela qu’on luy monstre et qu’on fait devant luy.