French poem
Si l’oiseau qu’on voit
SI l’oiseau qu’on voit amener En criant le temps qui ennuye, Peut, mon Daurat, acertener Du prognostique de la pluye, Demain le Troyen de sa buye Espandra l’eau, & si le iour Sera long temps sans qu’il s’essuye, Voilé d’vn tenebreux seiour. Donq pour attendre que le tour De ceste tempeste ennuyeuse Se change par le beau retour D’vne autre saison plus ioyeuse, Euite la tourbe enuieuse, Et seul en ta chambre à recoy Escri de main laborieuse Des vers qui soient dignes de toy. Espris d’vne ardeur comme moy De te vouloir rendre admirable, Pour n’estre suiet à la loy Du grand Faucheur inexorable, Pesle-mesle dessus la table Tibulle Ouide soient ouuers Aupres de ton Luth delectable, Fidele compagnon des vers. Dessus par maints accords diuers Chasse de toy le souci graue, Et le soin que ce Dieu peruers Dans les cœurs amoureux engraue. Apres l’estude, il faut qu’on laue Le cerueau se réjouissant[sic] D’vn vin de reserue, en la caue Par trois ans au fust languissant. Pourquoy te vas-tu meurdrissant, Pourquoy tourmentes-tu ta vie ? Tandis que tu es fleurissant, Pourquoy ne la rens-tu-suiuie D’esbat & d’amoureuse enuie ? Pauure abusé, ne sçais-tu pas Qu’il ne faut qu’vne maladie Pour te faire ombre de là bas, D’où iamais ne reuient le pas ? » Quelque chose qu’ici lon die, » Ce n’est qu’horreur que le trespas.