French poem
Sonnet
Je veux, me souvenant de ma gentille amie, Boire ce soir d’autant, et pour ce, Corydon, Fay remplir mes flacons et verse à l’abandon Du vin pour resjouir toute la compagnie.
Soit que m’amie ait nom ou Cassandre ou Marie, Je m’en vais boire autant que de lettres a son nom : Et toi, si de ta belle et jeune Madelon, Belleau, l’amour te poinct, je te pri’ ne l’oublie.
Qu’on m’ombrage le chef de vigne et de lierre, Les coudes et le col ; qu’on enfleure la terre Des roses et des lys, et que dessus le jonc
On me caille du lait rougi de mainte fraise. Et n’est-ce pas bien fait ? Or sus ! commençons donc, Et chassons loin de nous tout soing et tout malaise.