French poem
Les Émigrés
by Pierre-Jean de Béranger (1780–1857)
Peuple français, ô toi dont la Victoire En cent climats arbora les drapeaux ! Souffriras-tu que des hommes sans gloire T’osent ravir le fruit de tes travaux ? (bis.) Ah ! brise un sceptre apporté d’Angleterre, Rappelle au camp tes bataillons sacrés : (bis.) Ceux qui vingt ans ont fait trembler la terre, Trembleront-ils devant les émigrés ? (bis.)
N’entends-tu pas leur cohorte servile Porter atteinte à tes droits les plus saints ? À la tribune, à la chaire, à la ville, Ont retenti leurs coupables desseins. (bis.)
Foule à tes pieds cette race adultère ; Qu’à ta grandeur ils servent de degrés : (bis.) Ceux qui, etc.
Tu leur devais la mort et l’infamie Qu’au parricide ont réservé les lois : Dans ta bonté tu leur laissas la vie Et les admis à partager tes droits ; (bis.) Mais puisqu’enfin leur haine est ton salaire, N’épargne plus les nobles abhorrés ! (bis.) Ceux qui, etc.
Peuple français, le jour de la vengeance Brille déjà sur l’horizon en feux ; La Liberté te couvre de sa lance : Tout est pour toi, la Justice et les Dieux ! (bis.) Sous les débris du trône héréditaire, Ensevelis tous ces brigands titrés ! (bis.) Ceux qui vingt ans ont fait trembler la terre, Ne tremblent pas devant les émigrés. (bis.)