Versos French Rabindranath Tagore Iv

French poem

Iv

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Hélas! Pourquoi ont-ils bâti ma maison au bord de la route qui mène à la cité?

Ils amarrent leurs bateaux tout chargés, près de mes arbres.

Ils vont et viennent et errent à leur guise.

Je m’assieds et je les surveille; mes heures se consument.

Je ne puis les chasser. Et ainsi passent mes jours.

* * * * *

Nuit et jour leurs pas résonnent à ma porte.

En vain je leur crie: «Je ne vous connais pas.»

Je touche les uns, je sens l’odeur des autres; j’ai ceux-ci dans le sang de mes veines et ceux-là hantent mes rêves.

Les chasser, je ne puis; je les appelle et je leur dis: «Que ceux qui le voudront, viennent dans ma maison. Oui, qu’ils viennent.»

Au matin, la cloche sonne dans le temple.

Ils viennent avec des paniers dans leurs mains.

Leurs pieds sont rougis. La première lueur de l’aube éclaire leur visage.

Les chasser je ne puis; je les appelle et je leur dis: «Venez dans mon jardin pour y cueillir des fleurs. Venez.»

* * * * *

A midi le gong résonne à la grille du palais.

Je ne sais pourquoi ils quittent leur travail et s’attardent près de ma haie.

Les fleurs dans leurs cheveux sont pâles et fanées; les notes de leurs flûtes sont languissantes.

Les chasser, je ne puis; je les appelle et je leur dit: «L’ombre est fraîche sous mes arbres. Venez, amis.»

* * * * *

La nuit les grillons chantent dans les bois.

Qui vient lentement vers ma porte, y frapper doucement?

Je vois vaguement le visage... Aucun mot n’est prononcé.

Le silence du ciel est partout alentour.

Chasser mon hôte silencieux, je ne le puis;

Je regarde son visage dans la nuit et des heures de rêve passent.